LIVRES
La vie improductive. Georges Bataille et l'hétérologie sociologique.

La vie improductive. Georges Bataille et l’hétérologie sociologique

Philippe Joron
 
Dépense improductive, part maudite, souveraineté, énergie, sacré, intimité perdue, continuité… Telles sont quelques-unes des notions-clés convoquées par Georges Bataille dans sa sociologie pour signifier un mouvement liminaire de l’existence, aussi bien à l’échelle individuelle que collective, qui perdure dans les plis de la modernité, qui la constitue, dont elle se sert alors même qu’elle s’acharne à l’évincer de ses idéaux de perfectibilité. L’hétérologie, cette science des corps étrangers ou des éléments hétérogènes, à l’état d’ébauche dans son élaboration disciplinaire, cependant aboutie quoique fragmentaire dans l’inventaire de ses objets et de ses méthodes d’appréhension, devait constituer pour lui l’ouvrage souverain d’une conscience éprise de clarté à l’égard des faits humains, finalement débarrassée de toute espèce de servilité ou de subordination. Science des déchets, de ce que nous réprouvons mais ne cessons de produire, dont la facture doit beaucoup à l’idée de sainteté dans la souillure. La mystique n’est pas loin, sans doute en amont de sa conception de la société, assurément dans l’estuaire tumultueux de sa pratique sociologique, entre solitude et exploration du lien social.

Presses Universitaires de la Méditerranée, Coll. « Sociologie des imaginaires », 2009, ISBN 78-2-84269-877-5.

CEAQ
c/o H2M
67 bd Saint-Germain - 75005 Paris