ARCHIVES DU GREMES
Programme 2009-2010

Programme 2009-2010      

Les séances ont lieu à l'Université Paris Descartes Bâtiment Jacob  45 rue des Saints-Pères 75 006 Paris       

 Mercredi 17 mars 2010, 16h30, salle J202. Séance commune GREMES/ SFB      Intervention d'Emilia Chamone. Doctorante en ethnomusicologie à l'EHESS sous la direction de Denis Laborde. Emilia Chamone a récemment soutenu son mémoire de Master II dans la même institution. Son travail  porte sur la création musicale de groupes des percussions installés à Paris, généralement nommés « batucadas ». Percussionniste, arrangeuse et professeur de musique ayant joué avec plusieurs artistes en France et au Brésil, elle participe actuellement aux groupes de musique brésilienne Corda Bamba et Dona KJU. Mail: emiliachamone@gmail.com Page Internet: www.myspace.com/emiliachamone

"La création musicale dans les batucadas brésiliennes à Paris : une ethnographie du spectacle AfroBrasil"

Je propose d'aborder ici la fabrication d'une musique brésilienne à Paris en suivant de près le processus d'élaboration et de réalisation du spectacle AfroBrasil, conçu par le groupe de batucada Zalindê en décembre 2008.

A partir d'une approche ethnographique de cette production artistique, j'ai essayé de comprendre le travail mené par les musiciennes qui ont participé à ce projet, à la fois à travers les activités quotidiennes, la nature collective des créations, les problèmes rencontrés, les solutions trouvées au fil du temps et les changements de programme qui ont eu lieu durant la préparation du spectacle.

Branchés à la fois sur un imaginaire brésilien et sur la scène artistique actuelle, les batucadas fabriquent des musiques nouvelles « d'inspiration brésilienne », tout en préservant l'attachement à une « tradition ». Cependant, plutôt que de me concentrer sur cette tension récurrente entre la « fidélité à la tradition » et la « création musicale originale », je propose de centrer l'analyse sur l'activité musicienne : comment fait-on de la musique brésilienne à Paris ? De cette façon, je m'intéresse surtout à la façon dont ces individus façonnent une musique dite brésilienne au sein de leur groupe et comment celui-ci s'inscrit dans un réseau de batucadas parisiennes, avec ses multiples personnages, instruments, influences et particularités.

   

Jeudi 25 février 2010, 17h, salle J229.    

Intervention d'Hélène Jamin, Chargée de communication et du développement des publics au CAP, scène de musiques actuelles d'Aulnay-sous-Bois. Master 2 « Politiques et gestion de la culture en Europe » à l'Institut d'Etudes Européennes de l'Université Paris 8 Vincennes-St Denis.

« L'analyse croisée de l'appropriation du rock anglo-saxon dans la société suédoise et dans la société française »

Mon étude, qui en est encore à un stade d'exploration débuté avec la présentation de mon mémoire de fin d'études, consiste en une étude comparée de l'appréhension du rock dans la société suédoise et dans la société française.

Un ouvrage intitulé "Play it yourself: Swedish music in movement",  écrit par un sociologue suédois, J. Fornäs, a posé les bases de mes interrogations. Cet essai propose une analyse de l'influence de la musique rock en Suède sur l'émancipation générale de la société, en particulier de la politique culturelle. Fornäs y établit le constat d'un fort potentiel de mobilisation de ce mouvement musical suédois. Cet exemple suédois, mis en comparaison au cas français, peut valoir de modèle, en tout cas de terrain de ressource.

Mon travail propose également d'étudier l'appropriation du rock anglo-saxon par les artistes français du genre du "rock français", et du rock suédois, d'expliquer cette appropriation et ses modalités dans les deux pays, pour les différencier ou les rapprocher.   

    

Jeudi 4 février 2010, 17h, salle J229.    

 Intervention de  Meng Tze Chu , Doctorante à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Page chercheur: http://musique.ehess.fr/document.php?id=391       

 "Mondialisation de l'Extreme Metal - réflexion sur trois aspects, sens universel, intertextualité et appropriation."               

  L'Extreme Metal, une branche du heavy metal, de nature "underground" au début, se répand à travers un réseau mondial construit activement par les metalleux à partir du milieu des années 1980. Depuis ce temps-là, son phénomène de mondialisation s'affirme non seulement comme un processus de démocratisation par rapport à la domination de l'industrie du disque, mais également comme une émancipation vis-à-vis du discours de l'histoire musicale interprétée par le monde occidental.           

Dans cette intervention, nous allons essayer de décrire des fragments pour saisir le phénomène de pratiques hétérogènes mais entrelacées dans le contexte de mondialisation de l'Extreme Metal. Cette perspective se base sur l'hypothèse que la musique n'existe que dans les expériences des acteurs, expériences qui relient les humains et les objets. Pour cette raison, l'Extreme Metal ne consiste pas en une certaine idéologie, en un certain style musical, en une certaine façon de vivre, mais en relations, en réseaux, en une sorte de mobilisation. Nous discutons ici du sens universel, l'intertextualité, et l'appropriation par les trois aspects suivants.       

Premièrement, le grand festival comme résumé du phénomène de mondialisation de l'Extreme Metal. Nous prenons le cas du Wacken Open Air en Allemagne, l'événement musical le plus réputé mondialement au sein de milieux de l'Extreme Metal. Nous réfléchissons sur la mutation, l'organisation et la programmation du festival. Comment ce festival fonctionne-t-il comme un manifeste de l'esprit de subjectivité des metalleux, de la richesse de leurs diverses pratiques musicales, de l'accueil des particularités nationales? Comment devient-il un symbole au sens universel?    

 Deuxièmement, l'image du metal en tant qu'image nationale. Nous commençons par des images à propos du metal qui sont considérées comme étant représentatives de la Finlande dans la culture populaire chez les étrangers dans le reste du monde. Pour un pays historiquement moins connu que ces voisins, et qui est longtemps resté sous l'influence de la Suède et de la Russie, comment l'Extreme Metal est-il interprété comme une nouvelle tradition nationale? Quels éléments sont mis en cause dans cette intertextualité entre passé et présent, étranger et indigène?              

Troisièmement, l'Extreme Metal en tant qu'expression d'une revendication de l'identité nationale. Nous prenons le cas du black metal à Taiwan. Comme un régime effectivement autonome mais non reconnu par l'ONU et sous la menace de la Chine, les taïwanais se battent aujourd'hui pour l'indépendance officielle du pays. Le groupe le plus représentatif du metal taïwanais Chthonic milite en ce sens, soit par leurs œuvres musicales, soit en participant aux campagnes politiques. Comment un genre musical, le black metal, est-il approprié dans cette situation géopolitique particulière? A quoi ce groupe taïwanais répond-il et en quoi peut-on le différencier de ses influences occidentales?

 

              1er semestre 2009/2010.

Jeudi 10 décembre 2009, 17h, salle J233.    

 Intervention de Laure Ferrand, Doctorante en sociologie, laboratoire du CEAQ    

 "Norbert Elias et Mozart: comprendre un destin individuel à partir des structures sociales"      

 En passionné de musique, Norbert Elias publie en 1990 un travail sociohistorique consacré à Mozart. Au-delà de la dimension psychologique du musicien ("don", "talent", "génie"), N. Elias s'interroge sur la situation sociale du musicien et sur les représentations de l'artiste à l'oeuvre  dans une société de cour en pleine mutation.     

"En musique, la règle selon laquelle un créateur devait conformer ses oeuvres au goût du public de plus haut rang semblait encore aller de soi. La structure de pouvoir qui donnait à la noblesse de cour la priorité sur toutes les autres couches de la société déterminait en même temps le genre de musique qu'un musicien bourgeois devait produire dans le cercle de la cour, et le degré jusqu'où il pouvait pousser l'innovation." (Elias N., Mozart. Sociologie d'un génie, Paris, Seuil,1991, p.63)   

Dans cette lecture de N. Elias, nous réfléchirons sur la notion de génie, l'évolution du statut de l'artiste et comprendrons la place transitionnelle qu'occupait Mozart. Nous tenterons de croiser son oeuvre avec les représentations actuelles du musicien et plus largement de l'artiste.      

Plan de l'intervention:    

 Introduction    

Permière partie: Une mutation sociologique. D'une société de cour à une société bourgeoise. La place de la production artistique dans cette transformation. - La situation sociale du musicien à l'époque de Mozart - De l'artiste de cour à l'artiste indépendant     

 Deuxième partie: Norbert Elias et le "génie". Du rejet de ce terme à l'apprentissage comme facteur déterminant du talent.     

 Troisième partie: L'artiste moderne. Entre intériorité et sincérité. La perspective de Nathalie Heinich.     

Quatrième partie: L'exemple du rocker pour saisir les évolutions des représentations des artistes.                 

 Jeudi 19 novembre 2009, 17h, salle J233.     

Dans le cadre de la prochaine publication du numéro de Sociétés "Ecouter, ressentir et comprendre la musique", nous recevrons une participante à la revue.      Intervention de Theresa Schmitz, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, CRAL (Centre de recherche sur les Arts et le Langage)

"L'opéra pour enfants - questionnements autour la définition du genre"

Mon article a présenté la problématique de classification de l'opéra pour enfants comme un genre de second rang selon les critères de la musique savante. À l'occasion de mon intervention, j'ajouterai à cette discussion sur le genre, deux autres éléments: celui de la terminologie employée au niveau européen et celui de la comparaison avec le genre Opéra.
Comment traiter une réalité européenne qui réunit sous l'expression opéra pour enfants des productions pour enfants se différenciant non seulement par les genres musicaux, mais aussi par les interprètes et par le contexte de leur production ? Nous verrons qu'il n'existe pas deux fois la même définition.
Suite à une prise de position terminologique sur la base d'un corpus bien concret, je montrerai par l'analyse de quelques exemples d'opéras contemporains pour enfants, que ces œuvres se laissent facilement rapprocher du genre Opéra - ce qui pourrait faire de l'opéra pour enfants un sous-genre de l'Opéra ou encore une catégorie marketing pour attirer l'attention d'un public différent.
Quels sont alors les critères valables pour la délimitation du genre ?
Et est-elle vraiment nécessaire ?

CEAQ
c/o H2M
67 bd Saint-Germain - 75005 Paris