CALL FOR PAPER GüNTHER ANDERS

Appel à contribution

Numéro consacré à l’œuvre de Günther Anders

 

« Les choses sont libres, c’est l’homme qui ne l’est pas. »

« Les fantômes ne sont rien d’autres que des formes qui apparaissent comme des choses. »

Günther Anders, L’obsolescence de l’homme.

 

La revue Sociétés a décidé de consacrer un numéro à l’œuvre et aux questions soulevées par Günther Anders. Penseur de la technique, précurseur d’une pensée critique qui mêle création littéraire, interrogation philosophique et pensée politique, il nous offre un socle théorique et méthodologique pour penser les soubresauts de nos sociétés et de notre époque. Penseur « engagé » il interroge également la place du chercheur vis-à-vis de l’action et de la prise de décision.

 

Interrogeant les fondements philosophiques, sociaux et économiques de nos sociétés industrielles, c’est autant de pistes de réflexion et de recherche que nous nous proposons de présenter dans ce numéro consacré à la pensée de l’auteur.

 

L’homme prométhéen qui a façonné le monde industriel se trouve face à face avec ses propres créations : les objets manufacturés, la rationalisation du travail, l’énergie atomique et Anders nous propose d’en interroger les conséquences : « Les trois thèses principales : que nous ne sommes pas de taille à nous mesurer à la perfection de nos produits ; que ce que nous produisons excède notre capacité de représentation et notre responsabilité ; et que nous ne croyons que ce qu’on nous autorise à croire. » (p.11)

 

Les thématiques de ce numéro sont les suivantes, mais ne sont aucunement limitatives :

 

-       Thème 1 Les obsolescences : « Il y a désormais une nouvelle forme d’immortalité : la réincarnation industrielle. »[1]

Quelle vision de l’obsolescence Anders nous propose-t-il dans son œuvre ? Obsolescence de l’homme, des objets, du monde ? Comment définir et appliquer cette notion aux sociétés contemporaines ? La société n’est-elle pas finalement l’expression d’une forme d’obsolescence de la socialisation ?

 

-       Thème 2 La nature de l’homme : (l’homme comme self made man) « S’il veut se fabriquer lui-même, ce n’est pas parce qu’il ne supporte plus rien qu’il n’ait fabriqué lui-même, mais parce qu’il refuse d’être quelque chose qui n’a pas été fabriqué. »[2]

Au travers de la honte prométhéenne notamment, Günther Anders interroge l’idée de Nature Humaine. On peut se demander si la limite de son œuvre n’est pas dans cette idée même d’une nature « première » qui serait rendue obsolète. Pourront être abordé ici les définitions négatives  de la Nature humaine que propose Anders, la notion de « honte prométhéenne » et celle de « décalage prométhéen », le dépassement de l’homo faber, etc.

 

- Thème 3 Objets et instruments : « Les choses décisives (…) ne sont absolument pas des « choses » mais des maximes réifiées, des façons d’agir coagulées. »[3]

Questionnant les objets manufacturés et leurs incidences sur nos perceptions et interactions avec le monde, cette thématique interrogera les notions d’objets et d’instruments. Comment différencier dans la pensée d’Anders ces deux notions ? Comment définir nos interactions avec l’objet ? Comment les instruments définissent l’homme, le monde et finalement organisent un cosmos des choses plutôt que des êtres ?

 

-       Thème 4 Le travail : « L’expression classique d’homo faber ne convient plus pour désigner l’homme saisi par cette fièvre de transformation. »[4]

Dans un contexte politique et social où le travail est définit par le discours institutionnel comme une valeur fondamentale, la pensée de Günther Anders peut-elle nous aider à comprendre, penser et décrire les apories du travail contemporain, leurs liens avec l’idéologie du progrès et les causes et conséquences de la rationalisation et de la deshumanisation du travail lui-même ?

 

-       Thème 5 La technique : « Devenir une marchandise constitue une promotion et être consommé en tant que marchandise est bien une preuve qu’on existe. »[5]

L’œuvre d’Anders est une œuvre qui interroge la technique et ses conséquences. Seront aborder dans ce thème les notions de « honte prométhéenne », de « décalage prométhéen », mais aussi l’idée selon laquelle la série, la manufacture, l’industrie sont les véritables références mondaines.

 

-       Thème 6 La fin du monde : « Tout homme a les principes de la chose qu’il possède. »[6]

La pensée de l’auteur est une pensée morale. Pourront être proposés ici des textes interrogeant les techniques de destructions, l’obligation technique comme impératif catégorique, la science-fiction comme outil critique et la vision eschatologique d’Anders. Des articles interrogeant les propos d’Anders sur l’énergie atomique et les transformations climatiques pourront être proposés ici.

 

-       Thème 7 Les médias : « Il arrive d’une manière toute dialectique que les histoires conçues comme des « fictions » agissent sur nous comme si elles étaient réelles (…). Là où la vie est un songe, les songes sont la vie. »[7]

Le dernier thème que nous proposons est celui de la communication et de la publicité dans l’œuvre de Anders. Les notions de familiarisation ou d’effigie annoncent les interrogations reprises ensuite par Baudrillard par exemple et interpellent le chercheur face au règne du storytelling.

 

 

Consignes aux auteurs

Les textes en français ou en anglais doive être d’une longueur comprise entre 25 000 et 30 000 signes, espaces compris, en format Times New Roman, caractère 12, interligne 1,5, citation avec note en bas de page (ex.: E. Morin, L’Esprit du temps, Éditions Grasset Fasquelle, Paris, 1962) guillemets standardisés « », bibliographie standardisée (ex. Durand G., L’imagination symbolique (1964), PUF, Paris, 2008.). Qualité et adresse professionnelle de l'auteur en note. Il est demandé, en outre, pour chaque article un compte rendu en français, un abstract en anglais et trois ou quatre mots-clés en français et en anglais.

Les articles sont attendus pour le 15 octobre 2019 à l'adresse suivant: aurelien.fouillet@gmail.com



[1] G. Anders, L’obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle (1956), éditions de l’encyclopédie des nuisances, Paris, 2002, p. 69.

[2] Idem, p. 40.

[3] Idem, p. 332.

[4] Idem, p. 214.

[5] Idem, p. 240.

[6] Idem, p. 330.

[7] Idem, p. 165.

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