CALL FOR PAPER

 

Appel à contributions

 

Pensées du faire

 

Makers, hackers, faiseurs, doers, crafters, sont autant de qualificatifs d’un mouvement plus général de fabrication et d’interrogation du rapport de nos sociétés aux objets techniques, aux objets de consommations et à leurs modes de production.

Les makerspace, les fablabs, les hackerspace, sont autant de lieux et de configurations qui interrogent les processus de fabrication de l’industrie ou de l’artisanat. Typologie de lieux, ils sont aussi une typologie du « faire » et une typologie de « sociétés ». Ces tiers-lieux se situent-ils en marge ? Peut-on les définir comme « zone d’autonomie temporaire » ? Définissent-ils des pratiques anomiques de fabrication ?

Le do it yourself, initialement slogan punk, est un mouvement qui traverse aujourd’hui la cuisine, l’agriculture, les mobilités urbaines, l’informatique ou les loisirs créatifs. Il interpelle le chercheur sur les liens que peuvent entretenir les cultures du faire contemporaines et les contre-cultures qui les ont précédés et doit nous amener à penser une sociologie du faire comme sociologie de la culture.

Les transformations culturelles de nos habitudes de fabrication passent par de nouvelles possibilités techniques. Les outils de fabrication numériques (CNC CAO…), les outils de prototypages rapides (impressions 3D, open hardware…), les méthodologies de création et de recherches inspirées des disciplines du design (design thinking, design fiction…) sont autant d’éléments à investiguer et à définir.

Ces cultures du faire sont-elles l’expression d’une domination sociale et culturelle de ce que l’on a pu appeler « la classe créative » ? Ou reflètent-elles une réalité plus composite dans laquelle les pratiques professionnelles et amateurs ne communiquent pas ? Comment comprendre ceux que l’on a appelé les « reconvertis » et qui sont passés de métiers de bureaux à des métiers de l’artisanat ?

Enfin, ces sociétés du faire interrogent les imaginaires, les limites et les définitions de la fabrication et des fabricants. Quelle différence peut-on faire entre un artisan-designer et un designer-maker ? Est-il pertinent de différencier les enseignements de la « conception » et de la « fabrication » ? Quels sont les imaginaires mobilisés dans ces mutations des images du faiseur ?

 

La revue Sociétés souhaite consacrer un prochain numéro à ces différentes questions. A la croisée des disciplines, ce numéro est ouvert aux chercheurs en SHS, aux designers, aux artisans, et aux artistes. Les contributions peuvent être théoriques, méthodologiques ou illustratives.

 

Bibliographie de référence (non exhaustive)

 

Günther Anders, L’obsolescence de l’homme.

Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne.

Gaston Bachelard, La terre ou les rêveries de la volonté.

Mathew B. Crawford, Eloge du carburateur.

Françoise Frontisi-Ducroux, Dédale, l’imaginaire de l’artisan en Grèce ancienne.

Martin Heidegger, Qu’est-ce que la technique ?

Michel Lallement, L’âge du faire et Makers.

Michel Maffesoli, Au creux des apparences. Pour une éthique de l’esthétique.

Alexandra Midal, La manufacture du meurtre.

Norman Potter, Qu’est-ce qu’un designer ?

Pierre Sansot, Les gens de peu.

Fred Turner, Aux origines de l’utopie numérique.

 

Consignes aux auteurs

Les textes en français ou en anglais doive être d’une longueur comprise entre 25 000 et 30 000 signes, espaces compris, en format Times New Roman, caractère 12, interligne 1,5, citation avec note en bas de page (ex.: E. Morin, L’Esprit du temps, Éditions Grasset Fasquelle, Paris, 1962) guillemets standardisés « », bibliographie standardisée (ex. Durand G., L’imagination symbolique (1964), PUF, Paris, 2008.). Qualité et adresse professionnelle de l'auteur en note. Il est demandé, en outre, pour chaque article un compte rendu en français, un abstract en anglais et trois ou quatre mots-clés en français et en anglais.

Les textes sont attendu pour le 15 septembre 2019 à l'adresse: aurelien.fouillet@gmail.com

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67 bd Saint-Germain - 75005 Paris