APPELS A COMMUNICATIONS
LA PENSEE COMPLEXE

SOCIÉTÉS

Revue des Sciences Humaines et Sociales

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45, rue des saints-pères

75006 Paris

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Mail : ceaq@ceaq-sorbonne.org

 

 

Appel à communication

 

 

La revue Sociétés prépare actuellement un numéro sur la pensée complexe.

 

La pensée complexe, ou la science du complexe, a émergée avec les travaux issus des sciences « dures » relatifs aux systèmes non-linéaires, et en particulier avec la théorie du chaos déterministe, théorie qui définit le chaos comme « un comportement sans loi gouverné par une loi » (Stewart), c’est-à-dire comme un désordre qui naît de l’itération d’un ordre. La complexité mise à jour avec les systèmes non linéaires dans les travaux de Lorentz sur la météorologie a depuis pris son essor et envahit d’autres champs de recherche. Ainsi, on retrouve la notion de complexité en théorie de l’information, en biologie (cf. les travaux d’Henri Atlan ou de Jacques Monod), ou encore en sociologie (cf. les travaux d’Edgar Morin ou de Michel Maffesoli). Toutefois, cette « nouvelle » façon de penser donne naissance à de nombreux questionnements.

Tout d’abord, quelles sont les origines de la pensée complexe ? Quels en sont les précurseurs ? Comment sommes-nous passés d’une conception déterministe et réductionniste à une conception de la complexité ? Quelles conséquences cela a-t-il sur l’épistémologie contemporaine, tant du point de vue des sciences dites « dures » que du point de vue des sciences humaines ? La pensée complexe nécessite-t-elle une refonte de notre logique et l’élaboration d’un nouveau point de vue sur le monde ? De plus, quel apport conceptuel la notion de « complexité » apporte-t-elle ? A-t-elle une définition commune à tous les champs du savoir qu’elle traverse ? Et si oui, permet-elle à ces divers champs de se rejoindre et de communiquer ? En d’autres termes, permet-elle une véritable pluridisciplinarité ?

Ensuite, comme nous l’avons vu préalablement, la pensée complexe est née avec les travaux de Lorentz. Quelle est aujourd’hui sa portée en sciences humaines ? Peut-on la rapprocher de théories déjà existantes dont elle serait une continuité ? Nous pensons ici aux sociologies compréhensives et phénoménologiques.

Enfin, quelles sont les implications éthiques de la pensée complexe, tant du point de vue de la science que du point de vue de la morale ? La pensée complexe nous conduit-elle à une « théorie anarchiste de la connaissance » comme chez Feyerabend ? Mais aussi, nous conduit-elle à comprendre la morale comme une nouvelle éthique anomique de l’autonomie comme chez Jean-Marie Guyau ?

Voilà donc quelques questions que la pensée complexe nous pose.

Si comme le pense Morin, la pensée complexe est un véritable changement de paradigme, il est primordial que les sciences humaines s’attachent à l’intégrer dans leur méthodologie et leur épistémologie. C’est pourquoi la revue Sociétés propose de présenter l’avancée des travaux dans ce domaine.

 

Nous invitons tous les chercheurs travaillant dans ce domaine à participer à ce numéro en nous faisant parvenir un article ou un compte rendu d’ouvrage. Les textes, qui ne doivent pas dépasser les 50000 signes, peuvent être renvoyés en format word ou rtf à aurelien.fouillet@ceaq-sorbonne.org avant le 15 avril 2007.

 

CEAQ
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