ARTICLES DU GRIS
Mutoid Waste Company: Néonomadisme, sacralité et rite dans la métropole réterritorialisé

GRIS

Groupe de Recherche sur l'Image en Sociologie

 

YOU CAN'T KILL THE SPIRIT

Mutoid Waste Company. Néonomadisme, sacralité et rite dans la métropole ré territorialisé

 

Intervention de Corrado Caianiello Université de Salerno (Italie)

Séance Gris + Gretech 20 avril 2005

 

Je crois dans l'élégance des cimetiéreux de voitures, dans le mystère du parking multi niveau, dans la poésie des hôtels abandonnées.

 

Je crois dans les infatuations pour les gares de ravitaillement désuétudes (plus belle du Taj Mahal), nuages et oiseaux.  

 

Je crois dans la lumière diffusée par les magnétoscopes dans les vitrines des grands magasins, dans l'intuition messianique des grilles du radiateur des voitures exposées, dans l'élégance des taches d'huile sur les pistes goudronnées de l'aéroport.

 

Je crois dans la maladie conservée pour la race humaine par les astronautes d'Apollo.

 

Je crois dans l'impossibilité de l'existence, dans l'inexistence de l'univers, dans l'ennuie de l'atome.

 

Je crois dans les odeurs corporelles de la princesse Diana.

 

Je crois dans les prochains cinq minutes.

 

James. G.Ballard

 

 

1.1           LE CONCEPT

 

"You can't kill theSpirit" est un hommage à un groupe de performers, pionniers d'une forme spectaculaire et d'un style de vie, la Mutoid Waste Company

Mon travail est été réalisé au mois de Mai du 1995 avec l'intention de créer un « film collectif », en partant d'un séminaire de la faculté de Sociologie et Science de la Communication de l'Université La Sapienza de Rome (Italie).

Notre malgré l'hypothèse du projet collectif est disparue et la finalisation du travail est du à la passion des vidéo maker qui l'ont réalisé.

 

1.2 LA TECHNOLOGIE

 

Pour le tournage on a utilisé la technologie analogique, au temps n'existait pas la diffusion commerciale des caméras numériques. La passion heureusement est venue en secours de la technique.  Après une première vision de la vidéo, auto production à bas prix, le support a eu une circulation essentiellement underground dans les circuits culturels, presque à conserver une sorte de secret de la documentation vidéo de la performance. Le collectif nomade a laissé vraiment peu de traces visuelles de son activité décennale. 

 

1.3 ARCHEOLOGIE VISUELLE

 

A distance de 10 ans du tournage, nous avons réalisé une radicale intervention sur le matériel visuel, en digitalisant les images analogiques, avec une restauration des traces audio vidéo en recréant, ad - hoc des sons que donnaient continuité à l'action dans une idée de flux son/image.

 

 

2.1 MUTOID WASTE COMPANY. L'HISTOIRE, LA TECHNIQUE DE RECYCLAGE

 

Joe Rush et Robin Cook, issue de la scène punk londoniens avec la passion pour le théâtre de rue, pour le recyclage créatif, pour la réutilisation des déchets de la société industrielle, et pour la mutation de la matière et de l'environnement traversé par l'action, fondent le collectif autour du 1984.     

En origine elle était une compagnie théâtrale alternative, les exhibitions consistaient dans de spectacles animé par les jeux du feu, musique bruitiste et d'installations nées de l'art du recyclage.  

Les Mutoids vivent dans des camper entre les matériel d'écart technologique et pièces mécaniques, ils s'installent dans des non-lieux de la société post industrielle comme par exemples vieux supermarché, chantiers en ruine, parking abandonnés, usines, en opérant des mutations continues dans l'environnement qui l'héberge et dans leur art.   

Un bus peut devenir un appartement ou un atelier et les débris des sources de subsistance, en effet il peuvent gagner de l'argent en les vendant ou ils peuvent être des pièces de rechange indispensables ou encore devenir partie de sculptures.   

Un bus peut être pentue ou décoré de façon qu'il devient une pièce d'art ou autrement ils en peuvent tiré des pièces qui peuvent être utilisé à nouveau pour d'autres machines.

La leçon c'est ça : nécessité de changement. Pour la majorité des gens le bus n'est que un moyen de transport, mais pour les Mutoid le bus est le noyau de leur philosophie, où on peut voir la combinaison de la double fonction de mutation et mobilité.

Ici la culture du bricolage trouve son application concrète. Dans le style de vie de la Mutoid Waste Company (M.W.C.) se reflètent les caractéristiques de l'époque contemporaine où on passe de la certitude objective au devenir fluide des mutations technologiques/corporelles.

Les débris sont leur source de subsistance, ils les vendent pour manger et les utilisent pour habiter et y vivre, pour faire des réparations et pour faire des sculptures animées.

La philosophie de la M.W.C. est changer et être changées. Mais avec les années les sculptures sont devenus toujours plus complexes et les animations plus mouvementées en utilisant beaucoup plus de technologie. Ils ont crée ainsi, la Zombi Beat un groupe de percussionnistes qui utilisent percussions dérivé des débris, qui accompagnent chaque action avec un bande son de bruits improvisées sur la base de la réaction du public ou de l'environnement.   

Joe Rusch, nommée Reverend Mutant Preacher King, le prédicateur du groupe, soutien : « Nous vivons pour cette idée du changement de nos véhicules et de notre art. L'idée est de représenter toujours quelque chose d'originel et de se laisser transformer. Rien n'est fini pour toujours et la nature des choses commerciales est seulement ordure. Si tu ne réussi pas à travailler et à intervenir sur ces choses tu aurais seulement ordure. Des ces temps chacun a son changement dans soi même et elle correspondra à ses  besoins et à son travail. Les employées verront sortir sur leurs têtes des crayons gigantaux et les reporters auront des excroissances à forme de block notes et de touches cassantes de machines à écrire ».         

Leur philosophie a quelque ressemblance avec Mad Max (film du 1979 de George Miller tourné dans le désert australien après l'holocauste du XXI siècle). Comme dans Mad Max, ils utilisent divers outils et en manque des pièces, ils le construisent fouillant dans les débris. Joe Rush cependant, soutiens que le choix de leur vie est précédent à la vision du film et il pense que le scénariste ait été, comme lui, inspiré par les 2000 Ad Comics.      

« Hommes et choses doivent changer physiquement et les changements dans un désastre ou un post apocalypse, doivent être profonds si nous voulons survivre ». 

Depuis quelque mois de la fondation de la M.W.C, dans la communauté rentre Strupper, lui aussi punk anglais, qui dirigera la migration de la tribu des mutoids en Italie à Santarcangelo di Romagne, où ils arrivent dans le 1990. L'occasion était donné par un Festival où la compagnie mutoid présenta une longue parade de véhicules insolites : Fiat 500 transformées en chariot armée, un camion des années 50 changé en dinosaure...

La tribu mutoids tombe amoureux du ce petit village et depuis ce moment il se sont installer ici dans un ex carrière au long du fleuve Marecchia. Ici ils vivent et travaillent, changent et se laisser changer. Ici ils créent leur ouvres recyclés.   

 

2.2 LE RITE

 

Aucun de nous sais ce que va arriver, l'effet surprise est absolue dans le grande espace de l'ex abattoir (actuellement le C.S.O.A. Villaggio Globale de Rome, étape traditionnelle des groupes nomades) où se produit l'action.

Le première mouvement auquel j'assiste est le démarrage d'un moteur à éclat, suspendu par de chaînes de fer, avec un briquet et un nettoyant vitres. La scène est obscure et l'air est saturé par l'essence pour abattre le seuil de défense de ceux qui la respire. Commencent à défiler les voitures mutoides ré combinées. Les premières torches éclairent le décor, sur la scène un chef sorcier utilise le « flex[1] » comme un synthétiseur en produisant une onde sonore sur une base rythmique techno. Les actions sont simultanées, la foule bouge dirigé par le feu d'une lance flamme et par le mouvement des voitures et des motos « mutants ».      

Il entame un match d'hochey avec une balle enflammée et les joueurs avec les devises construites en rassemblent les vieilles devises de la police routière; le feu monte,  mémoire bradburyana ; le son techno s'enrichit des percussions de métal recyclé et électrifié des Zombie Beat, dans un parfait accord de performance électro acoustique ; apparaissent des hommes habillés avec des tenues ignifuges et lance-flammes, une tank girl de la bande dessinée d'A.D. comics gentiment nous éloigne avec son lance-flammes... mes cheveux puent nettement de brûlé, je ne voudrais pas m'immoler au nom de la performance extrême !!! 

Entre les flammes hautes appaire le Totem mutoide, un grand squelette de métal qui turne sur les flammes, se brûle une Fiat 500 icône de la révolution de voitures italiennes des années 60/70.

Des lance-flammes montées sur un chariot mobile contribuent à tenir les flammes hautes : nous sommes au clou du rite, les gens hurlent, la techno est forte tout semble hors control. Dans le cœur de la nuit, pendant que brûle encore la braise, les post humains mutoids retournent parmi les spectateurs avec des tenues qui sont encore noircis du feu et, comme pour réaffirmer leur humanité et leur sens du ludique, improvisent un set de musique rockabilly avec la basse, voix et batterie dans un pure esprit busker.

L'aube se lève sur le lieu du rite et laisse le totem à se distinguer dans le ciel bleu signe indélébile de la nuit du feu.... La braise brûle encore !    

 

3.1 LE SON TECHNO COMME HOMEOPATHIE DE LA RUMEUR DE FOND DU PRESENTE.

 

Nous vivons totalement immergé dans des dynamiques son/bruit, conscient et inconscient. La fin de la modernité laisse indélébile une trace de bruit de fond atemporelle. Les sources sont les plus variées et diverses, voitures, support technologique d'usage quotidien, chantier, tout est son/bruit.

Le seuil de la pollution sonore efface comme une condamnation la présence du silence; ainsi, comme dans l'homéopathie l'administration du principe du malaise soigne la pathologie, nous sentons comme une exigence sonore, un rappel ancien, la nécessité de basses fréquences pour nourrir notre complexe solaire.

La réutilisation créative à utilise ludique des fréquences qui habitent notre couler dans le présent devient un besoin, une nécessité : le principe du male est le soin.

 

4.1 UNE HIPOTESE DE PARTAGE /DON/JEU DE RECOMBINAISON

 

L'occasion de présenter à un public officiel notre travail nous a enduit à la recherche d'une nouvelle solution de travail créatif et collectif.

L'intention est de donner/partager avec touts les instrument possibles (mailing, file sharing, contacts personnels) les images et les sons de la performance, pour générer une série illimité de versions possibles du travail audio vidéo, dans un jeu de « ré combinaison » qui redonne vie aux images et aux sons qui nous avons restauré, avec la fidélité de la méthode MUTOID du recyclage créatif et à la liberté de performance.

 

Corrado Caianiello

corrado1968@hotmail.com

 

.

 

 

 

 

 

 



[1] Outil pour couper le fer.

CEAQ
c/o H2M
67 bd Saint-Germain - 75005 Paris