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Quelles formes d'appréhension de la ville contemporaine?

 Quelles formes d'appréhension de la ville contemporaine?

Julieta Leite (CeaQ)

 

Colloque la Ville Incalculable décembre 2008


Je veux partir du titre du colloque : « La ville incalculable, expériences urbaines depuis un autre lieu » pour donner sens à ma réflexion : « ville incalculable », « expérience urbaine » et « un autre lieu ». D’abord, l’incalculable. Les profonds  changements urbains aujourd’hui suscitent une inquiétude sur ses futures formes et celle de la vie sociale (Augé, 1992 ; Acher, 2004; Mongin, 2005 ; Secchi, 2006; Hénnarf, 2008). Plusieurs domaines de la pensée contemporaine cherchent donc à savoir comprendre la ville, en considérant sa matérialité physique et sa dimension symbolique, la sensibilité de l’expérience (La Rocca, 2008). L’urbanisme est seulement un de ces domaines, avec l’architecture, la sociologie, l’anthropologie, la géographie, les sciences de communication et d’information, sciences de l’espace et de l’homme. Ce qu’indique qu’il ne faut plus calculer la ville, mais savoir la voir, l’écouter, la comprendre. Il nous faut une appréhension sensible de la ville, selon l’approche de Pierre Sansot (1973), vers la Poétique de la ville, le dévoilement de l’expérience sensible des espaces urbains, la rencontre des lieux.

Mais qu’est-ce l’expérience de l’espace? Selon le géographe Yi-Fu Tuan (1977), l’expérience comprendre trois moments principaux : la sensation, la perception et la conception. Ces moments oscillent entre l’émotion et la pensé de l’individu et ont comme médiation le corps, les objets, le mouvement et le temps. L’expérience de l’espace comprendre ainsi les sensations - les odeurs, les textures, les sons; la perception visuelle, par rapport aux objets et au mouvement du corps dans l’espace dedans, dehors, grand, petit, étroite, clair, obscur, loin, proche…; et la conception, ce que d’une certaine manière organise une représentation de l’espace par l’appréhension mentale, ce quand l’expérience se résume par connaissance.

La conception de l’espace est normalement liée à sa géométrie – formes, dimensions - et les relations existantes entre les objets. Mais la conception comprendre aussi des qualités et valeurs attribuées à l’espace. Dans ce cas, l’espace gagne en définition et significat (Tuan) ou, selon Sansot, l’expérience constitue un processus de connaissance de l’espace en le transformant en lieu.

Je viens finalement vers l’expression « depuis un autre lieu » : mais quel lieu ? La ville d’aujourd’hui acquiert une expression plus complexe, fragmenté, fractale, multifacetté, polyphonique. Son caractère change par sa structure physique et symbolique, ses formes d’expérience et d’appropriation collectives. Des nouveaux espaces, fonctionnels et esthétiques, sont élaborés pour qui la ville puisse mieux correspondre aux dynamiques urbaines actuelles du point de vue socioculturel, et aussi politico-économique. Les lieux se multiplient par les façons de les apercevoir et la diffusion des technologies d’information et de communication ont beaucoup contribué dans ce processus.

Quelles sont nos nouvelles expériences urbaines aujourd’hui? Pour approfondir un exemple, la connexion au réseau local sans fil installée dans les espaces publics vient à caractériser une nouvelle forme d’appropriation de l'espace. En même temps qu’elle produit d'autres significations du sens de publique de ces espaces, elle redéfini ses dimensions en détriment des la surface de couverture du réseau wifi.

Un phénomène qui a beaucoup contribué avec l’établissement des relations entre l’espace physique et l’espace virtuel c’était l’informatique ubiquitaire, avec la technologie mobile. Au-delà des PCs et des laptops, l’information et la communication numériques participent chaque fois plus de notre quotidien et de nos ambiants physiques à travers des bornes d’information, de panneaux numériques, des outils comme le téléphone mobile, le GPS, le PDA, de puces diverses et, de façon invisible, par le réseau de connexion sans fil. Cette appareillage technologique concernant son usage participe à nos décisions quotidiennes mais font et font aussi partie de nouvelles stratégies économiques.

Néanmoins, du point de vue économique on peut considérer que toutes les villes sont aujourd’hui, d’une façon ou de l’autre, affectées par une interdépendance globale en ce qui concerne les informations, la consommation de biens et de services (Bauman, 2001; Sasken, 2001) et le réseau technologique y a beaucoup contribué. L’ubiquité de l’information peut aussi construire une ville pervasive[1], où la massification des objets numériques dans le quotidien permet l’invasion de la publicité et la divulgation de nos vies privées.

 L’architecture de la ville, le réseau virtuel et les dynamiques sociales paraissent se fondre pour élaborer de nouvelles configurations de l’espace urbain. L’informatique et l’augmentation de la capacité des processeurs permet calculer plus la ville : faire des expériences avec des modèles 3D, systématiser et intégrer le fonctionnement des réseaux urbain, représenter et de voir la ville autrement. Mais les technologies numériques ont également changé la façon de sentir, percevoir et concevoir les espaces. L’information et la communication numériques contribuent aussi avec l’expérience et la connaissance des espaces en les ajoutant d’autres valeurs et les transformant en lieux. Ce qu’on appelle d’espace urbain augmenté.

 

‘Anthologie’ de l’espace augmenté

L’espace urbain augmenté est résultat de cette combinaison des (in)formations spatiales avec la forme urbaine, l’interaction du réseau numérique avec l’infrastructure urbaine. Selon Aurigi et De Cindio (2008) « dans la ville augmenté, les espaces ‘physiques’ et ‘virtuels’ ne sont plus deux dimensions séparés, mais parties d’un continuum dans le tout ».

Lev Manovich présent, dans The poetics of augmented space (2004), une conception d’espace augmenté basée sur l’adition d’information à l’environnement physique, un variant de la ‘réalité augmenté’. Par contre, dans l’approche sensible de l’espace, il est important faire une distinction entre ‘espace augmenté’ et ‘réalité augmenté’, même si l’un et l’autre proposent une combinaison du ‘réel’ et du ‘virtuel’. La réalité augmentée est seulement une représentation visuelle dont des objets virtuels en 3D sont intégrés à l’environnement réel et en temps réel. Dans la réalité augmentée nous voyons simplement les structures de l’espace physique avec une composition d’objets virtuels superposées.

L’architecte et théoricien de l’architecture Robert Venturi [auteur de Learning from Las Vegas (1972) et Complexity and Contradiction in Architecture (1977)] parle aussi de l’espace augmenté dans son livre Architecture as signs and systems (2004). Venturi soutien l’idée que l’architecture de l’Age de l’Information doit servir à la communication iconographique, par la l’utilisation d’icônes et de symboles. L’architecture plutôt comme signe que comme espace. Mais est-ce que cette architecture confère une atmosphère unique, l’identité de l’espace? En fait, les icones enrichissent l’architecture du point de vue de la perception visuelle - en consonance avec nos pensées et imaginaires postmodernes - mais  peut-être l’expérience spatiale, comme sensation et comme conception n’est pas tellement enrichie.

 

L’espace augmenté

Je propose une appréhension de la ville contemporaine vers une nouvelle imagibilité[2] de l’espace, résultat de la diffusion des outils technologiques qui font la médiation entre le contenu informationnel numérique et l’expérience de l’espace. L'expérience comme connaissance, augmentée par de nouvelles possibilités de voir, d’entendre, et de se repérer dans l’espace, et  par l’appréhension symboliques, collectives et imaginaires. Le contenu informationnel augmente et complexifie l’expérience de l’espace. L’espace urbain augmenté est celui dont la couche culturelle d’information devient plus dense et la construction de liens sociaux plus intense.

En ce qui concerne l’urbain, l’augmentation correspond à l’élargissement du potentiel de l’espace en promouvoir des processus et des relations propres à la ville, liés à l’identité, la structuration et la signification de l’espace. L’identité qui confère l’unicité et particularité, la structuration des relations des objets avec l’observateur et d’autres objets, et la signification émotive ou pratique des espaces (Lynch, 1969).

Cette dimension l’espace urbain, augmentée, est ouverte à de nouvelles pratiques et expériences sensibles de la ville ; des nouvelles formes de temporalité et de la présence corporelle ; à une redéfinition de l’extension de l’espace; des moyens de penser et de construire la ville.

 

Projets

Le projet Amsterdam Real Time[3] d’Esther Polak est une des premières explorations artistiques de la cartographie GPS à l’échelle urbaine, datée de 2002. L’idée principale ce les habitants d’Amsterdam ont une carte invisible dans leur imaginaire, selon laquelle ils prennent leur décision quotidienne. Le projet a essayé de visualiser ces cartes mentales à travers la mobilité des citoyens dans la ville. Les personnes faisant partie du projet ont porté, pendant deux mois, un dispositif GPS qui enregistrait leurs mouvements. Le résultat c’est une cartographie construite à partir des expériences personnelles dessiné comme lignes qui ne sont pas que des rues ni des maisons mais l’indication des mouvements purs des gens.

Après avoir comparé plusieurs dessins de différentes personnes, l’artiste a pu observer que c’était possible de dessiner des cartes individuelles de la ville. « Un cycliste produit des routes préférentielles complètement différentes d’un conducteur de voiture. On peut observer par ces cartes personnelles les significats du transport, de la localisation de l’habitat, du lieu de travail et d’autres activités qui déterminent des ‘traces de vie’ dans la ville ». Ce projet permet ainsi mélanger les représentations vécues avec la réalité perceptive, et laisse émerger des chorégraphiés corporelles qui font parler les lieux urbains.

  East Paris Emotional Map[4] c’est un autre projet artistique, de Christian Nold, exposé à la Galerie Ars Longa cette année (2008). Une carte émotionnelle de l’Ouest de Paris a été construite dans la période de 2 jours avec 18 personnes qui ont exploré le 11ème arrondissement avec des capteurs de pulsassions lié à un GPS et un PDA. Cet outil mesurait l’excitation de chaque participant en relation à la localisation géographique dans la ville.

Sur la carte, les lignes bleues indiquent les parcours réalisés à pied et les régions en rouge indiquent des lieux de grande excitation émotionnelle. « L’excitation n’est pas nécessairement positive ou négative, elle est plutôt représentée en terme révélation, en faisant attention aux corps et aux sons dans la ville. Les points blancs indiquent où les participants ont ajoutés une description d’événements et sensations qui ont causé des réactions émotionnelles pendant leurs parcours. Dans le centre de la carte, le principal cluster d’excitation correspond à l’station du métro Parmentier, le lieu de rencontre où les participants ont du attendre pour se connecter aux satellites. La Place de la République indique aussi une excitation due à des manifestations liées aux jeux Olympiques.  A l’ouest nous observons une région d’excitation particulière qui correspond au cimetière Père Lachaise et à la rue du Faubourg du Temple, d’intense commerce. »

Nous noyons donc l’image d’une association de personnes, d’événements et de lieux, aussi que la façon complexe dont ils sont intégrés. La plus grande partie de l’ambiance est calme mais il y a eu quelques annotation et indications de lieux (clusters) émotionnels. Pour l’artiste, la carte révèle un espace d’événement continu et d’interactions fluctuantes.

Rome Real Time[5] c’est un projet du laboratoire SENSEable City Lab, au MIT, exposée à la Biennale d’Architecture de Venise en 2006. Ce projet réunit des donnés de mobilité des gens, des autobus et des taxis en Rome par la visualisation des pulses d’usage du du téléphone portable. La finalité c’est synthétiser des données des diverses réseaux en temps réel pour comprendre les traces (visibles et invisibles) du quotidien de Rome.

Ces traces du réseau d’information et de communication sont rendus visibles, aussi que des trames des mouvements des gens et du système de transport, de l’usage social de l’espace des rues et du quartier. Ce que permet, par exemple, comprendre comment les cartiers sont occupés pendant les divers moments de la journée ; comment la distribution d’autobus et taxis se distribue par rapport à la densité de gens, touristes et habitants dans la ville ; comment le gens occupent et circulent à travers certaines parties de la ville pendant des événements spéciaux.

Le projet e-Lens (Manresa - Espagne, 2005) développé par le MediaLab au MIT propose des nouveaux critères de cartographie urbaine par l’usage des tags numériques - des codes contenus numériques. Ces tags contiennent des informations sur l’environnement physique et sont lus par des objets spécifiques, comme le téléphone portable ou le PDA avec appareil photo et connexion internet. Par l’usage des tags ce projet propose de créer des parcours thématiques et interactifs par rapport aux espaces physiques dans la ville. Il permet aussi d’établir des réseaux sociaux selon les intérêts personnels par rapport aux espaces et de promouvoir la communication entre les institutions et les citoyens. Cette nouvelle façon de marquer et de mapper la vile met en valeur les lieux, en les faisant cultural et socialement plus puissants. Les tags impriment aussi des significats aux espaces par la promotion des nouvelles pratiques et appropriations collectives.

            Le projet du CityWall (2008) c’est un projet institutionnel, lié au laboratoire d’Interaction Ubiquiste de l’Institut pour la Technologie d’Information et Multitouch de Helsinki. Il prend la forme d'un grand écran interactif, tactile, installé dans une place au centre-ville. Avec une interface collaborative et interactive, cet écran peut être activé par plusieurs personnes à la fois. Le « mur électronique » c’est un mur augmenté par des images, vidéos, commentaires et discussions sur la ville et les habitants d’Helsinki, qui participent directement en manipulant le mur ou à travers une page Flickr. Le CityWall permet télécharger des photos et vidéos Flickr ou YouTube et envoyer des commentaires par SMS.

Ce projet cherche à trouver les bénéfices et contributions que l’usage du display tactile de communication peut rapporter à l’intérieur d’une communauté. Le Citywall peut être vu comme un nouveau média urbain de communication publique et interactive qui peut devenir un outil de service, de proximité et de lien social. Ce média hybride peut aussi être un moyen de rendre visible et sensible les dynamiques sociales virtuelles, révéler les liens "hyperlocaux" en favorisant l'accès aux ressources de la ville et par la promotion de l'échange.

 Le projet Smart Lines Interactive bus stop (Paris, 2006) illustre une application des technologies numériques pour donner un nouvel usage et d’autres significats aux équipements de transporte public. Le but c’est de promouvoir de nouvelles formes d’occupation et interaction des espaces pendant la mobilité. Le projet consiste installer panneaux informatifs et communicants à l’intérieur et à l’extérieur de la station de bus. Ces panneaux sont interactifs. A l’intérieur, le voyageur peut capturer, à l’aide d’un outil portable comme le téléphone, des informations affichées sur l’itinéraire du bus, les horaires, aussi que des informations de la presse locale et de la communauté. A l’extérieur, l’arrêt de bus a été conçu comme un ‘jardin urbain’, changeable par rapport aux données captés de l’environnement et de la communauté qui l’utilisent. Les arrêts de bus dévient un point d’information et d’orientation sur les systèmes de transport. Ces arrêts informatisés gagnent aussi une image esthétique différente et deviennent des points de repères pour la communauté de voisinage dans le paysage urbain.

 

Débat

D’une façon générale, les technologies donnent des nouveaux cadres et horizons sémantiques à l'invisible, l’imaginaire. Du point de vue épistémologique, la diffusion d’usage des TIC dans la ville a permis de nouvelles perceptions du paysage urbain. Augmenter la ville c’est aussi une nouvelle façon de réfléchir, de se poser de questions et de construire des représentations pour ainsi créer des nouvelles "réalités", espaces hybrides, qui mélangent aussi les représentations imaginaires et la réalité perceptive.

Ce que je propose c’est une façon de réfléchir sur l’espace augmenté par l’approche de l’expérience sensible de l’espace, comme un phénomène urbain et collectif. L’espace augmenté proportionne des nouveaux défis mais aussi des opportunités pour beaucoup d’architectes et urbanistes ré-penser leurs pratiques. Mais pour ça il faut absolument ne les laisser pas être soumis aux dynamiques du marché dont les intérêts modifient la perception esthétique et l’appréhension affective du lieu. C’est donc essentiel voir ce type d’espace  comme un sujet conceptuel plutôt qu’une fin technologique.

Les lieux augmentés constituent donc des possibles structures pour l’actualisation de l’expérience collective et peuvent servir à la fonction identitaire et à l’imaginaire de la ville. Il en résulte que ces lieux peuvent être plus valorisés dans l’aspect de la subjectivité car ils permettent l’actualisation et la réactivation des souvenirs qui rendent l’espace à l’imaginaire. Augmente aussi la participation citoyenne, la gestion de la connaissance, du partage de la mémoire collective. Elle peut nous aider à réveiller le débat public et la participation; à favoriser la rencontre et le regroupement des tribus; à donner un nouveau aspect esthétique à la ville et à laisser les pratiques et expériences corporelles construire des lieux.

 

Bibliographie

Ascher, François (2004). Nouveaux principes de l'urbanisme. Paris : l'Aube.

Augé, Marc (1992). Non-Lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité. Paris : Le Seuil.

Aurigi, Alessandro et De Cindio, Fiorella  (ed.) (2008). Augmented Urban Spaces: Articulating the Physical and Electronic City. Burlington UK: Ashgate.

Bauman, Zygmun (2000). Modernidade Líquida. Traduzido por Plínio Dentzien. Rio de Janeiro: Jorge Zahar Editor.

Secchi, Bernando (2006). « Villes moyennes et nouvelles formes de métropoles européennes », Urbanisme, 346, janvier-février 2006, traduction de l’anglais de Annie Zimmermann.

Hénnaf, Marcel (2008). La ville qui vient. Paris, L’Herne.

Lynch, Kevin (1969). L’image de la ville. Paris : Dunod.

La Rocca, Fabio (2008). Vision(s) de la ville postmoderne. Thèse de doctorat. Université Paris Descartes. Sorbonne.

Manovich, Lev (2004) The poetics of augmented space: Learning from Prada. [http://www.manovich.net/]

Mongin, Olivier (2005). La condition urbaine, la ville à l'heure de la mondialisation. Paris : Seuil.

SANSOT, Pierre (1996). Poétique de la vile. Paris: Payot.

Sasken, Sassia (2001). The global city. Princeton: Princeton University Press.

Tuan, Yi-Fu (1977). Space and Place: The Perspective of Experience. University of Minnesota Press, Minneapolis, MN.

Venturi, Robert & Scott Brown, Denise (2004). Architecture as signs and systems. For a Manneirism time. Cambridge, Massachusetts, London: Harvard University Press.

 

 



[1] De l’anglais, pervasive, qui renvoie à l'omniprésence des réseaux numériques où les objets communicants se reconnaissent et se localisent automatiquement entre eux.

[2] Terme emprunté à Kevin Lynch dans L’image de la ville (1969).

[3] http://realtime.waag.org/

[4] http://paris.emotionmap.net/

[5] http://senseable.mit.edu/realtimerome/

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