ARTICLES DU GREMES
Les « éclats de religion » de la musique metal. Pour une compréhension sociologique du fait social metal
Alexis MOMBELET
10 mai 2006

Communication orale proposée le 10 mai 2006 dans le cadre du GERME (Groupe d'Etudes et de Recherche sur les Mouvements Etudiants) au Centre d'Histoire de Sciences Po. Paris.

J'aimerais commencer mon intervention, une fois n'est pas coutume, par deux brèves anecdotes, qui je l'espère seront porteuses de sens à vos yeux, comme elles l'ont été aux miens. Il y a de ça quelques années Marilyn Manson, aujourd'hui désavoué par les siens mais alors figure emblématique du metal, se scarifiait sur scène. A leur tour, une poignée de fans s'est scarifiée, quelques fans se sont scarifiés le nom Marilyn Manson sur leurs torses ou sur leurs bras. Dans le même ordre d'idée, les membres de Manowar, groupe de heavy metal américain, ont relaté à leur confrérie dans un DVD, à leurs « Brothers of metal » (à leurs frères de metal) comme ils disent, le jour où ils ont signé de leur propre sang un contrat avec une maison de disque. Il s'agissait par ce geste, d'après leurs propos, de se donner corps et âmes à leurs fans. Alors, reste à savoir quelle est la logique, quelle est la dynamique, que sont les motifs d'action de tels actes ? En l'occurrence, il est sans doute question d'une logique propre au religieux : le don/contre don (Godbout, 2000). Don de l'artiste, contre don de l'auditeur. Ce qui pour les « sans-dieu » est considéré comme de la bêtise ou de l'aberration se révèle plus profond en réalité : un « embryon de religion » se dessine sous nos yeux. Je vais tâcher de l'analyser et je vais ainsi tâcher, sans encenser ni condamner, tel n'est pas mon propos, de comprendre et de présenter les objectifs, les motivations ou bien encore les logiques d'action des acteurs de ce fait social.

 

Plus précisément, l'objet de mon intervention est de vous présenter d'un côté le fait social metal et de l'articuler avec le fait religieux de l'autre. Il s'agit de fait de présenter le dossier sociologique intitulé La religion metal paru dans la revue « Sociétés » en juillet 2005.

 

Alors, le metal, de quoi s'agit-il ?

 

En quelques mots... Le metal désigne avant tout une musique qui naît dans les années 1970 sous l'impulsion de groupes anglais tels que Black Sabbath ou Led Zeppelin. Aujourd'hui, phénomène méconnu tant sur le plan universitaire que par le grand public, le metal jouit toutefois, en France, d'une grande popularité auprès de centaines de milliers de personnes issues de catégories socioprofessionnelles diverses, âgées de 12 à 30 ans en règle générale. Le metal est représenté par des groupes internationaux tels que AC/DC, Metallica, Slayer, Iron Maiden, Satyricon, Dimmu Borgir, Morbid Angel, Deicide, Nightwish, Dream Theater, Opeth, Korn, etc. Notons que le groupe AC/DC a rempli le Stade de France (80 000 personnes) en 2001, Metallica et Iron Maiden en ont fait de même concernant le Parc des Princes (50 000 personnes) respectivement en 2004 et 2005. Le metal est un terme générique d'origine anglo-saxonne comme le rock ; il désigne un style musical où sont présents guitares électriques et sons saturés. A cet égard, il est une radicalisation de la musique rock, à la fois sur le plan musical et sur celui des pratiques sociales qui l'accompagnent. En outre, il rassemble un nombre important de styles et de sous-styles musicaux, à savoir le heavy metal, le hard rock, le speed metal, le thrash metal, le death metal, le black metal, mais aussi le grind, le doom, le hardcore metal, le néo-metal. Styles métalliques - métallique signifie « qui est relatif à la musique metal », le néologisme est directement emprunté aux acteurs de ce fait social -  qui sont porteurs en eux-mêmes de singularités musicales, comportementales et sociales. Cela étant, malgré une pluralité et une complexité des comportements sociaux observés, il est des constantes, il est des caractères essentiels qui se dégagent et qui permettent de dresser un portrait holiste du metal et de ses acteurs les métalleux tels qu'ils se nomment eux-mêmes en France.

 

Après cette précision terminologique, revenons donc à notre sujet principal : le metal et la religion. Interrogeons-nous : pourquoi parler de « religion metal » ? Outre le fait que cette expression est empruntée aux acteurs, n'est-ce pas un peu exagéré, abusif de notre part ? Qu'en est-il in fine de cette « religion metal » ?

 

Ce qui retient au premier abord l'attention de l'observateur est la ritualisation et le recours à la symbolique religieuse par les différents acteurs de cette musique, qu'ils soient artistes ou auditeurs. Ainsi, voit-on lors des concerts ou sur les supports audiovisuels une mise en valeur de représentations à la fois sataniques et chrétiennes. Les acteurs arborent des croix chrétiennes et des pentagrammes inversés, le nombre 666 ou des tee-shirts sur lesquels figurent des slogans tels que « Fuck me Jesus » ou « Cut your flesh and Worship Satan[1] » (coupe ta chaire et acclame Satan). D'autre part, un commentaire recueilli auprès de l'un des acteurs à la sortie du concert du groupe de thrash metal américain Slayer, nous met sur la voie, il nous dit :

 

« Slayer est une religion. Oui c'est une religion. T'en fais partie ou pas. Ça c'est mon église, j'étais à l'église ce soir, c'est ça qu'il faut comprendre. C'est une religion[2]. »

 

                De fait, au-delà de la mise en scène subversive et provocatrice sur laquelle s'arrêtent certains commentateurs qui confondent bien souvent « culture marginale et marginalité sociale »[3], le metal semble développer à partir de représentations religieuses un ensemble de comportements vestimentaires, corporels, symboliques, rituels qui engendre une socialité singulière au sein de la société contemporaine.

 

En effet, le metal de par ses caractères essentiels satisfait à une définition lato sensu de la religion. Dans cette perspective, il ne s'agit pas de considérer la religion au seul regard des trois grands monothéismes : christianisme, judaïsme, islam. Et entre parenthèses, n'identifions pas systématiquement la religion au religieux institutionnel, faire cela c'est commettre une réduction manifeste de la réalité religieuse contemporaine. Non, ici, le « dogme » n'est pas surplombant et il non institutionnalisé. Non, le terme le plus opportun pour qualifier la religion mobilisée dans ce travail est sans doute le terme de « religiosité » : la religiosité. Par ce terme, je fais l'hypothèse que ce qui est à l'œuvre au sein du fait social metal relève d' « éclats de religion ». Comme le précise Françoise Champion, sociologue, à qui j'emprunte cette expression pleine de sens, « on repère aisément ces éclats de religion chez ceux qui, peu ou prou, entretiennent quelques liens explicites - même ténus - avec les grandes traditions religieuses. Mais je pense dit-elle que des "éclats" de religion existent sans référence aucune à ces traditions. Ainsi dans les rassemblements communiels où se vit le sentiment d'un lien extraordinaire entre les participants, où s'abolissent les différences et les divisions » (Champion, 2003, p. 179). De même, Edgar Morin dans son livre intitulé Les stars, livre qui présente une réflexion sur les stars du grand écran, parle précisément de « religion des stars » et de religiosité. Il écrit : « Des dilections particulières, des émotions, des rêveries, des sentiments tendres et admiratifs amorcent déjà toutefois une certaine religiosité. Si le sentiment n'est pas encore la religion, il constitue son bouillon de culture » (Morin, 2001, p. 93). Par une attitude similaire à celle de ces grands intellectuels, nous allons voir dans quelle mesure le metal mobilise des « éclats de religion » et de fait, une religiosité.

 

                On constate à la suite de plusieurs années d'enquête de terrain, que le metal mobilise, le metal met en scène, à la fois un dispositif symbolique, une structure rituelle ainsi qu'un rapport à la « transcendance » qui de fait lui confère une caractéristique religieuse. Revenons sur ces 3 points.

 

Tout d'abord, les métalleux arborent de nombreux symboles dont la majorité est empruntée au champ du religieux. A savoir le pentagramme (étoile à cinq branches parfois ornée d'un bouc), le marteau de Thor, la croix chrétienne inversée ou non d'ailleurs, le nombre 666, le signe de la bête, le signe du marteau (sign of the hammer), les runes, etc. On pourrait bien évidemment faire une étude détaillée de ces symboles mais cela nous entraînerait trop loin. Notons simplement, qu'un grand nombre de symboles qui emprunte au champ du religieux se retrouve dans le metal sur les CDs, les DVDs, les tee-shirts des acteurs, etc. Retenons également que ces symboles sont des signes de reconnaissance tribale et qu'ils soutiennent davantage une protestation à l'égard de l'ordre établi qu'une revendication religieuse. Ceci dit, je reviendrai plus loin sur ces emprunts à la religion qui témoignent d'un travail du religieux chez les métalleux.

 

Ensuite, le metal mobilise une structure rituelle (Mombelet, 2005b). Je renvoie ici au temps du concert notamment, à ce temps festif placé sous l'égide de Dionysos, à ce temps marqué par l'effervescence sociale, le débridement des corps et l'hystérie : je pense au pogo, au headbanging, au slam, au fait de pousser des cris gutturaux, etc. Je renvoie également au temps du festival qui rassemble des milliers et des milliers de personnes venues de toute l'Europe, et qui se constitue en un véritable temps sacré, dont la logique est assimilable à celle d'un pèlerinage. Il est question de communier avec ses pairs autour de figures charismatiques. Les plus grands festivals réunissent jusqu'à 40 000 personnes. Ces concerts et festivals, ces rites sont comme autant de moments de surabondance de vie aux vertus piaculaires, ils permettent à chacun de se ressourcer, de renaître, et assurent, in fine, aux métalleux un mieux-être quotidien.

 

Permettez-moi d'apporter une précision. Vous n'êtes pas sans savoir que les mots et plus exactement le sens des mots est piégé. Quand de mon côté je parle de « rite », je ne l'attends pas au sens commun, comme une manière d'agir collective et répétitive, une habitude. Non, j'use du mot rite au sens sociologique, en faisant référence à des auteurs tels que Emile Durkheim, Marcel Mauss ou à Martine Segalen qui a écrit un très bon petit ouvrage intitulé Rites et rituels contemporains paru en 2002. Les mots sont donc piégés et en particulier ceux concernant la terminologie religieuse. C'est pour éviter cet écueil précisément que j'ai tenu à faire ce petit laïus.

 

Ainsi, le concert de metal est un rite contemporain. Ce dernier est ici entendu comme l'ensemble des manières d'agir à la fois collectives et répétitives, qui renvoie à une « transcendance », qui met en scène des interdits et qui assure in fine un mieux-être quotidien.

 

Je disais donc que les métalleux mobilisent un dispositif symbolique et qu'ils s'agrègent le temps de rites. J'aimerai développer un troisième point en rapport immédiat avec le précédent : les figures charismatiques.

 

De fait, les métalleux s'agrègent autour de figures charismatiques, porteuses d'un au-delà, d'un indicible et dont les contours et les caractéristiques relèvent de la « transcendance ». Le charisme étant ici entendu tel que le conçoit Max Weber, sociologue allemand, c'est-à-dire comme « la qualité extraordinaire [...] d'un personnage, qui est, pour ainsi dire, doué de forces ou de caractères surnaturels ou surhumains ou tout du moins en dehors de la vie quotidienne » (Weber, 2003, p. 320). Tel qu'il le défini, le charisme s'inscrit dans sa sociologie de la religion. Religion qui est une « une façon d'agir en communauté[4] » selon Weber. Le metal compte en ses rangs de nombreuses figures charismatiques : James Hetfield du groupe Metallica, Lemmy Kilmister du groupe Motörhead, Ozzy Osbourne du groupe Black Sabbath, Chuck Schuldiner (aujourd'hui disparu) du groupe Death, Bruce Dickinson du groupe Iron Maiden, etc. A cet égard, une  majorité de métalleux use d'une terminologie passionnelle et/ou religieuse pour qualifier leur attachement à ces figures. Il s'agit d'une projection de modèles religieux sur les artistes.

 

A ces trois caractères essentiels, il faut ajouter que les métalleux sont travaillés par le religieux, en cela que nombre de thématiques au sein de leur art empruntent de manière récurrente au champ de la religion précisément. Thématiques qui sont recyclées par bons nombres de groupes nordiques entre autres choses. Il est question de mythologie nordique précisément et de son corollaire le paganisme. On observe à ce propos une résurgence des mythes. Il est aussi question d'un imaginaire satanique[5] ou de religion chrétienne plus prosaïquement. Oui, une part significative de métalleux s'agrège donc autour d'un imaginaire religieux.

 

                Par conséquent, il est des symboles, des rites, un rapport à la « transcendance », au non-disible, un travail du religieux, en un mot une « liturgie »[6] propre au metal qui est porteur d'une éthique (ethos).  Ethique, qui a par définition des échos, des résonances, dans la quotidienneté des métalleux qui l'épouse :

- résonances ou marquages corporels tout d'abord : à titre d'exemple une part significative de métalleux portent les cheveux longs. Et demander donc à un métalleux qui porte les cheveux longs de se les couper, vous verrez alors qu'il ne s'agit pas là en règle générale d'une simple coquetterie esthétique mais qu'il s'agit de quelque chose de bien plus profond sur le plan symbolique ; également les tatouages soit cabalistiques soit qui représentent l'être aimé ; les scarifications (et là je renvois à l'anecdote énoncée plus haut à propos de Marilyn Manson : don de l'artiste/contre don du public).

- résonances vestimentaires ensuite : de nombreux métalleux adoptent la couleur noire et en particulier lors des rites, lors des concerts, des festivals. De plus, ils affichent parfois de manière ostentatoire sur des tee-shirts, sur des sweet-shirts, sur des patches l'être aimé.

- notons que les vêtements, les marquages corporels qui sont déjà de l'écriture liturgique en extension ont des échos sociaux : d'une part il est question de se distinguer de la « masse » pour reprendre l'expression d'usage chez les métalleux. Et d'autre part, il s'agit de signifier son appartenance à un même groupe social. Respectivement fermeture et ouverture à l'égard d'autrui se dessinent ici.

- échos culturels enfin qui consiste à l'assimilation et au partage, le temps des rites avec ses pairs ou chez soi, seul, d'un fonds commun, d'un stock commun d'images, qui a pour noyau dur la subversion parfois jusqu'au boutiste marquée du sceau de la théâtralité et de la mise en scène. La subversion étant entendue comme le fait de mettre en avant des valeurs, une esthétique non communément admises. Et là il me revient l'exemple du groupe allemand Rammstein. Sur sa vidéo Live Aus Berlin datant de 1999 [Uncensored Version], on note que le chanteur sodomise le claviériste du même groupe qui arbore une tenue SM, avec un faux pénis sur le titre Bück Dich. Après son office, le chanteur éjacule des litres et des litres d'un liquide blanc de nature inconnue avec son faux pénis sur la foule. Ici, il apparaît clairement que le groupe Rammstein ainsi que ses auditeurs « jouent » avec les interdits sociétaux ou impossibles à dire que sont le sexe, l'homosexualité, les pratiques sexuelles dites « déviantes ». Ils jouent avec leur « part d'ombre ». Et Denis Jeffrey, sociologue canadien, de rappeler que « la fonction transgressive [des concerts de metal il faut ajouter] rend manifestes les interdits sans toutefois chercher à les abolir » (Jeffrey, 1998, p. 128), ne serait-ce que pour pouvoir en jouir de nouveau. D'autre part, les résonances culturelles s'inscrivent dans un attrait commun à l'encontre d'un imaginaire nocturne et de ses interdits, ses « impossibles à dire » (le sexe, le Mal, la mort, Satan). Imaginaire nocturne qui de nouveau soutient une protestation à l'égard de l'ordre établi et de son corollaire le bien-pensant ou « la morale ». En bricolant avec les interdits sociétaux les métalleux protestent vis-à-vis d'une tradition judéo-chrétienne qui tend à évacuer sa part d'animalité. Ici, ils font preuve, pour reprendre des formules chères à Michel Maffesoli, d'une « sagesse démoniaque » via l'intégration à dose homéopathique de leur « part du diable », de leur animalité.

 

Au total, le fait social metal constitue une communauté de goûts. Ce qui fait lien ici, c'est l'affect, c'est le ressenti, c'est l'émoi. Plus encore, on l'a vu de nombreux arguments empiriques invitent à penser le metal au regard du fait religieux. A cet égard, les métalleux donnent sens à un dispositif symbolique d'une grande complexité, dispositif qui s'ancre à la fois sur une structure rituelle, un rapport à la « transcendance » via des figures charismatiques, et à un travail du religieux plus profond au travers de la mobilisation d'imaginaires satanique, néo-païen, ou chrétien. Toutes ces dimensions et caractéristiques se retrouvent précisément dans le fait religieux. Oui, le metal et ses acteurs mobilisent des caractéristiques propres aux religions reconnues comme telles. En un mot, ce qui est à l'œuvre au sein du fait social metal relève d'« éclats de religion ». Le metal mobilise une religiosité, il est question d'un sacré hors « religion », d'un sacré sauvage. Le metal fait lien. Et tel est bien le propre de la religion in fine, « re-ligare », qui fait lien, au sens étymologique.

 

 

Bibliographie

 

Bobineau, O., 2004, « Liturgie », dans Notions, Paris, Encyclopaedia Universalis, pp. 591-592.

 

Champion, F., 2003, « La religion n'est plus ce qu'elle était », Revue du MAUSS, Qu'est-ce que le religieux ? Religion et politique, n°22, pp. 171-180.

 

Durafour, A., 2000, Le milieu gothique. Sa construction sociale à travers la dimension esthétique, mémoire de Maîtrise de sociologie (sous la direction de S. Pryen), Université Charles de Gaulle, Lille 3.

 

Godbout, J., 2000, (en collaboration avec Caillé A.), L'esprit du don, Paris, La Découverte.

 

Jeffrey, D., 1998, Jouissance du sacré. Religion et postmodernité, Paris, Armand Colin.

 

Maffesoli, M., 2002, La part du Diable. Précis de subversion postmoderne, Paris, Flammarion.

 

Mombelet, A., Walzer, N., 2006, Les rapports entre les tribus metal, gothic et le satanisme, http://www.ceaq-sorbonne.org/node.php?id=1046 (site web visité le 16 mai 2006).

 

Mombelet, A., 2005a, (sous la direction de), La religion metal, Sociologie de la musique metal, Editions de Boeck Université, Sociétés, Bruxelles, n°88 (2).

 

Mombelet, A., 2005b, « La musique metal : des "éclats de religion" et une liturgie. Pour une compréhension sociologique des concerts de metal comme rites contemporains », in La religion metal, Editions de Boeck Université, Sociétés, Bruxelles, n°88 (2), pp. 25-51.

Morin, E., 2001, Les stars, Paris, Seuil, [1972].

 

Segalen, M., 2002, Rites et rituels contemporains, Paris, Nathan, [1998].

 

Weber, M., 2003, Économie et société. 1. Les catégories de la sociologie, Paris, Plon, (Pocket), [1922].

 

Willaime, J.-P., 1998, Sociologie des religions, Paris, PUF, coll. Que sais-je ?, [1995].



[1] L'inscription « Fuck me Jesus » fait référence au message véhiculé par le groupe suédois Marduk. L'inscription « Cut your flesh and Worship Satan » fait référence au groupe français Antaeus.

[2] Commentaire relevé dans le DVD intitulé War At The Warfield du groupe de metal Slayer : Slayer, 2003, War At The Warfield, American Recordings, Etats-Unis d'Amérique.

[3] L'expression est empruntée à Antoine Durafour, cf. (Durafour, 2000).

[4] Cité par Willaime, J.-P., 1998, Sociologie des religions, Paris, PUF, « Que sais-je ? », [1995], p. 27.

[5] Cf. note sur « Les rapports entre les tribus metal, gothic et le satanisme » disponible à l'adresse suivante : http://www.ceaq-sorbonne.org/node.php?id=1046 (site web visité le 16 mai 2006).

[6] En résonance avec l'analyse d'Edgar Morin, qui dans Les stars parle de « liturgie stellaire » pour rendre compte du culte voué aux stars du grand écran, il s'agit dans ce travail de présenter la « liturgie métallique », qui elle rend compte du culte voué aux « stars » du metal et par extension au metal. « Emprunté au latin chrétien liturgia "service de Dieu, du culte", le terme vient du grec leitourgia (laos : peuple ; ergon : travail, œuvre) qui désigne le service rendu au bien commun par les citoyens aisés. L'emploi du mot "liturgie" dans son acception actuelle de protocole du culte remonte aux érudits des XVIe et XVIIe siècles ; il est popularisé par de nombreux livres de dévotion au XIXe siècle et devient courant dans le langage ecclésiastique contemporain » (Bobineau, 2004, p. 591). Outre le fait d'être exprimé au travers d'hyperboles et outre le fait de recourir à une rhétorique « religieuse », le culte voué aux « stars » du metal se manifeste dans l'achat de CDs, de DVDs (discographie complète ainsi que raretés et bootlegs), dans l'intérêt porté à la presse spécialisée, dans l'adhésion à un fan club, dans la connaissance aigue de la biographie de ou des artistes, dans le port de vêtements à leurs effigies, dans le décorum d'un appartement (posters, photographies, places de concerts qui rappellent l'être aimé), au travers de marquages corporels (tatouages ou scarifications plus exceptionnellement), etc.

Alexis MOMBELET, chercheur en doctorat de sociologie à l'Université René Descartes Paris 5 - La Sorbonne. Membre du CEAQ et du GREMES.

 

Coordinateur de « La religion metal » parue aux Editions de Boeck Université en 2005

http://universite.deboeck.com/livre/?GCOI=28011100606330&fa=sommaire 

CEAQ
c/o H2M
67 bd Saint-Germain - 75005 Paris